Face à une pénurie de bureaux, Alger aura bientôt deux quartiers d'affaires

10.09.2008

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La capitale algérienne, qui fait face à une pénurie de bureaux et une flambée spectaculaire des prix de l'immobilier freinant l'installation de marques étrangères, a entrepris de construire deux quartiers d'affaires comprenant tours, hôtels de luxe et commerces.

Alger aspire à devenir à terme une place financière importante en Méditerranée mais ne dispose pas encore d'une véritable centre où les milieux d'affaires locaux et étrangers pourraient implanter les sièges de leurs sociétés ou ouvrir des magasins.

Cette pénurie de bureaux s'ajoute à la crise du foncier qui frappe la capitale algérienne depuis 2000 qui a fait flamber les prix de l'immobilier et des locaux commerciaux, freinant l'implantation de marques étrangères et le développement de la grande distribution.

La pénurie a obligé les patrons à louer à prix élevés des villas ou des appartements dans des quartiers résidentiels et sécurisés pour les transformer en fonction de leurs besoins, provoquant un éparpillement de l'activité économique et financier.

Le manque de bureaux et de magasins freine par exemple l'implantation des marques franchisées, l'ouverture de nouvelles agences bancaires, le développement de la grande distribution.

"L'installation de franchises se fait lentement faute de locaux. La location d'un local coûte entre 2.500 et 5.000 euros par mois et parfois plus, tout dépend de la surface et du quartier. C'est excessivement cher", affirme à l'AFP Maître Hind Benmiloud, présidente de l'association algérienne de la franchise qui compte une trentaine de marques.

Alger manque d'autant plus cruellement de ces structures que l'économie du pays, dopée par la hausse des prix du pétrole, connaît un développement rapide dans tous les secteurs d'activité.

L'Algérie enregistre en effet depuis 2000 un taux de croissance économique supérieure à 5% et ses réserves de change dépassent 130 milliards de dollars.

Des groupes privés ont émergé comme Cevital (agroalimentaire, industrie, automobile, grande distribution), SIM (agroalimentaire), Arcofina (hôtellerie, immobilier de bureaux, grande distribution, assurance).

De nombreux groupes étrangers se sont installés ces dernières en Algérie dans la téléphonie mobile, la banque, l'automobile, la gestion de l'eau, la réalisation des grands travaux d'infrastructures, l'immobilier, et chacun où il le pouvait.

Pour résoudre la crise de l'immobilier, les autorités algériennes ont donc décidé de construire deux cités d'affaires, dont celle baptisée "Alger médina", située aux Pins Maritimes sur la baie d'Alger, à mi-chemin entre le centre ville et l'aéroport international, à l'est de la capitale où sera aussi construite la future grande mosquée d'Alger.

Lancé dès 2001 par le groupe privé Arcofina avec l'acquisition de l'hôtel Hilton et la construction d'une première tour de bureaux-baptisée Algeria business center déjà fonctionnels, "Alger medina" comprendra notamment plusieurs tours de bureaux ultra modernes, des hôtels et appartements de luxe, une marina et un centre commercial dont un hypermarché Carrefour.

La construction de cette cité, qui s'étend sur une centaine d'hectares, doit être achevée 2018 et coûter 2,5 milliards d'euros, selon le groupe Arcofina. Une première tranche du projet sera livrée en 2010 et l'autre en 2017.

Le deuxième quartier d'affaires, en construction à Bab Ezzouar, toujours dans la banlieue Est d'Alger à proximité de l'aéroport international, sera livré également vers 2015, avec un investissement de plusieurs milliards de dollars.

Elle comprendra hôtels de luxe et tours de bureaux ainsi qu'un centre commercial et un hypermarché et surtout les sièges sociaux de plusieurs grandes entreprises publiques comme Algérie Télécoms, Air Algérie, le Crédit populaire d'Algérie (CPA).

source : http://www.echoroukonline.com/fra/economie/2056.html