Les nouvelles mesures Ouyahia marquent la fin des investissements arabes dans l'immobilier

Par sonia lyes , le 13/09/2008

«Les récentes mesures prises par le gouvernement dans le domaine du foncier signe la fin des projets d’investissements arabes dans le tourisme et l’immobilier de luxe. Aucun investisseur actuellement présent en Algérie ne peut faire face à la situation née de ces nouvelles lois». Pour ce proche des milieux d’affaires du Golfe en Algérie, un départ massif des investisseurs arabes pourrait intervenir dans les prochaines semaines. Il décrit un climat de fortes inquiétudes parmi les chefs d’entreprises du Golfe implantées en Algérie. Ils redoutent de voir leurs projets tomber à l’eau, faute de foncier disponible et pour cause d’impossibilité de vendre sur plan.

En effet, selon nos informations, un seul investisseur arabe est propriétaire de ses terrains à l’ouest d’Alger. Il s’agit de la société Emiral qui a obtenu des terrains d’une superficie totale de 6,5 hectares pour un «prix symbolique» afin de réaliser un projet immobilier et touristique dans la région de Zeralda. Mais cette société est au cœur d’une polémique qui pourrait déboucher sur un scandale impliquant également une banque libanaise installée en Algérie.

«Emiral est aujourd’hui le seul groupe à avoir un acte de propriété de son terrain», affirme notre source. Tous les autres groupes du Golfe n’ont reçu que des promesses de la part du ministre du tourisme et de l’aménagement du territoire Chérif Rahmani et parfois de Hamid Temmar, le ministre de la Promotion de l’Investissement. Mais ces promesses pourraient s’avérer difficiles à tenir dans le nouveau contexte né des mesures prises par le nouveau gouvernement Ouyahia. M. Temmar se fait très discret et Chérif Rahmani est contesté au sein du gouvernement. L’avenir des hommes paraît aujourd’hui incertain.

L’autre raison qui pousserait les investisseurs arabes à abandonner leurs projets dans l’immobilier et le tourisme est économique. La décision du gouvernement d’interdire les ventes sur plan dans les projets réalisés sur des terrains appartenant à l’Etat - révélée en exclusivité par TSA (lire notre article)- a profondément modifié le modèle économique des projets lancés par les investisseurs du Golfe. Tous les promoteurs prévoyaient une partie «vente sur plans» dans leurs projets pour financer ces deniers. Même le groupe EIIC, qui a réaffirmé il y a une semaine son engagement à réaliser le Parc Dounia, envisagerait en réalité de revoir à la baisse ses ambitions algériennes. «Il est quasi-impossible de financer un projet de plusieurs milliards de dollars dans l’immobilier sans prévoir une partie de vente sur plan», conclut notre source.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/suite...er.php?id=4776