Nouvelles mesures du gouvernement Ouyahia - l’inquiétude gagne le secteur public

Par samir allam , le 15/09/2008

Après les investisseurs étrangers et le patronat privé national, les nouvelles mesures économiques du gouvernement Ouyahia commencent à inquiéter les dirigeants et les cadres du secteur public. «A chaque retour de M. Ouyahia aux affaires, on a peur », reconnaît un haut responsable d’une entreprise publique qui a requis l’anonymat. Des rumeurs commencent à circuler sur une nouvelle « opération mains propres » qui viserait des dirigeants et des hauts cadres du secteur public économique.

Le nouveau Premier ministre possède en effet une réputation qui a de quoi inquiéter. Dans les milieux économiques et politiques du pays, il est qualifié de «prédateur». «C’est lui qui a mis 2500 cadres d’entreprises publiques en prison au milieu des années 1990. Ils ont tous été disculpés par la justice mais le traumatisme reste entier. C’est également lui qui a fermé plusieurs entreprises publiques, dont les plus emblématiques restent les Souk-El Fellah et les Galeries algériennes. Il a mis des milliers de travailleurs au chômage. Au lieu d’essayer de trouver des repreneurs à ces sociétés, il a préféré les liquider», témoigne le même haut responsable.

L’annonce brutale d’une fermeture des EPLF cette semaine a réveillé de vieux démons parmi les chefs d’entreprises et les salariés des entreprises publiques. Et ce n’est pas le déplacement, en début de semaine, du secrétaire général de l’UGTA à Tizi-Ouzou puis à Rouiba qui va «rassurer» les travailleurs des entreprises publiques en difficulté. C’est le même syndicat qui a cautionné, voire appuyé, par le passé toutes les mesures prises par Ouyahia quand il était aux commandes.

Certes, l’acte de gestion a été officiellement dépénalisé en Algérie. Officiellement, seuls les conseils d’administration sont habilités à porter plainte contre des dirigeants d’entreprises en cas d’irrégularités ou de malversation. Mais il y a quelques mois, le gouvernement avait autorisé l’Inspection générale des finances (IGF) à intervenir dans le secteur économique. «En Algérie, on sait que l’IGF considère tout le monde comme coupable jusqu’à ce qu’il prouve son innocence. Il faut s’attendre au pire», s’inquiète un cadre des finances d’une entreprise étatique.

Résultat : les entreprises publiques, déjà fragilisées par une mauvaise gestion et une concurrence déloyale du marché parallèle, pourraient voir leur situation se compliquer dans les prochaines semaines. «Dans les prochains mois, aucun chef d’entreprise du secteur ne prendra le risque d’une décision de management sans consulter sa holding. C’était déjà un peu le cas avant l’arrivée d’Ouyahia aux commandes du gouvernement. Mais les choses vont encore se durcir», prédit le même cadre financier. «Par décision de management, j’entends : des augmentations de salaires, un projet d’investissement, l’acquisition à l’étranger de bien d’équipements, ouverture d’un bureau de liaison à l’étranger, solder les produits invendus, changer de technologie, faire appel à des consultants étrangers…La liste est longue», conclut-il.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/Nouve...-gag_4804.html