Vaste trafic aux frontières Est
Du carburant algérien vendu en Tunisie

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Les gérants des stations de carburant aux frontières alimentent ce trafic qui leur permet de générer des sommes astronomiques.

Un déplacement à la municipalité d’Oum-Teboul, qui regroupe les mechtas de Souarekh, frontalière à la Tunisie, nous a permis de comprendre les raisons qui aboutissent régulièrement à des ruptures de stock de carburant dans cette localité. M. Aziz parle d’un trafic qui dure depuis le début du mois de juin. “Plusieurs véhicules immatriculés en Tunisie à double réservoir font le va-et-vient du matin jusqu'au soir du côté d'El-Ayoun, Oum-Teboul, El-Kala ou d’El-Frin. Ils rentrent avec à peine deux litres de carburant retournent chez eux à la nuit tombée avec le plein des doubles réservoirs. Ce sont des milliers de litres qui passent sous le nez des douaniers impuissants de mettre terme à cette saignée de l'économie nationale”, déplore-t-il. Des propos confirmés par un officier de police des frontières ayant gardé l'anonymat. Pour le chef de la station Naftal, cette situation a ses raisons : “Les taxieurs usagers tunisiens sont nos clients, ils représentent 10% de la clientèle.” Mais, paradoxalement, point de véhicules algériens au niveau de la station El-Rachidia. Que des taxis immatriculés en Tunisie ! Il faut dire que la fuite du carburant, qui fait déjà ravage aux frontières ouest, connaît ces derniers temps une expansion à l’est du pays, notamment à la frontière algéro-tunisienne. Cette situation permet à la mafia du carburant de se sucrer sur le dos du contribuable. Un autre citoyen nous apprend que des milliers de litres de carburant franchissent dans des jerricans la frontière sans pour autant passer par les deux postes frontaliers. Les trafiquants notoires transitent par des raccourcis pas loin du poste frontalier tunisien de Babouche ou de Hammam-Bourguiba, du côté de Ramel Souk, commune frontalière de la Tunisie. Non loin des limites de la frontière tunisienne, nous avons constaté de visu, le soir, un va-et-vient inhabituel entre les habitants des deux rives séparées uniquement par un cours d'eau du côté de la frontière, en particulier à El-Ayoun, Oum Teboul, Ramel Souk, Oued El-Hout et Ghounguet Aoun. Évidemment, ce trafic ne peut se faire que si des complicités existent avec des Algériens qui sont de mèche avec les contrebandiers tunisiens. “Ils font le plein de leurs véhicules touristiques qu’il font vider juste après avoir franchi Maloula, avant d’arriver à Tabarka en territoire tunisien”, dit-on. En tout cas, la persistance du trafic, au-delà du fait qu’elle porte un préjudice à l'économie algérienne, n’en finit pas de provoquer des pénuries de carburant en territoire algérien. “Les stations-service du côté tunisien, faute de clients, ont mis la clé sous le paillasson. Car le litre coûte 1,70 dinar tunisien, soit 90 dinars algériens”, ajoute-t-on. Pour les gérants des stations-service d’Oum-Teboul et d'El-Kala, le problème ne peut être résolu du fait qu’ils n’ont aucun droit de regard sur les approvisionnements des Tunisiens qui transitent régulièrement par la frontière. “C’est aux douaniers de réglementer une telle situation d’approvisionnement des Tunisiens et des nationaux”, soulignent-ils.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=99778