La gouvernance en question

Par lounes guemache , le 16/09/2008

Près de deux mois après le discours du président Bo^^^^^ika, le 23 juillet devant les maires du pays, le flou continue d’entourer les nouvelles orientations gouvernementales en matière d’investissements. Après les investisseurs étrangers, la politique du gouvernement Ouyahia inquiète désormais le patronat national ainsi que les dirigeants et les cadres des entreprises publiques. Les milieux d’affaires algériens se plaignent de l’opacité qui entoure la préparation des nouvelles lois. Ils estiment également que le gouvernement ne les consulte pas sur un dossier qui les concerne pourtant directement.

Pire : dans ce dossier, le nouveau chef du gouvernement travaille directement avec les conseillers du président de la République pour l’élaboration des nouvelles lois sur les investissements. Des lois qui, au-delà des sommes qui sont en jeu –plusieurs dizaines de milliards de dollars-, vont avoir impact sur l’avenir du pays. Même les ministres réputés proches du chef de l’Etat, à l’image de Hamid Temmar, ne sont pas associés à ces préparations. Ils devront attendre que les nouvelles lois tombent pour se faire une opinion, voire émettre discrètement des réserves.

Aucun débat n’a été engagé dans le pays sur le sujet. Quel impact auront ces mesures sur l’économie nationale ? Sur l’image du pays à l’étranger ? Sur l’avenir du pays ? Ou tout simplement sur le fait de savoir si les mesures annoncées sont applicables et dans quelles conditions ? Le chef du gouvernement n’apporte aucune réponse à ces interrogations et personne n’ose lui demander publiquement des explications, sans doute par crainte d’être taxé de défenseur des intérêts étrangers. En cette période de patriotisme économique, il est préférable d’éviter une telle étiquette.

Cette situation pose un sérieux problème : celui de gouvernance dans le pays. Les attaques de Bo^^^^^ika contre les investisseurs étrangers, le 23 juillet dernier, n’étaient pas contenues dans le discours officiel rédigé par ses conseillers. Elles semblaient provenir d’un coup de colère du chef de l’Etat, devenu par la force des choses – le président ne peut renier sa parole- une nouvelle politique économique. Les nouvelles lois tombent l’une après l’autre, progressivement et d’une manière aléatoire. Elles ne donnent pas l’impression d’être issus d’un plan réfléchi, avec des objectifs à atteindre préalablement fixés. A chaque semaine sa surprise : après le foncier, l’interdiction des ventes sur plan, la dissolution des EPLF…On parle même de nouvelles mesures encore plus dures en préparation.

Pendant deux ans, Abdelaziz Belkhadem et son ministre Hamid Temmar avaient appliqué leurs propres règles en matière d’investissements, en accueillant à bras ouverts tous les spéculateurs du Golfe, avec les résultats qu’on connaît. Ahmed Ouyahia arrive, efface tout, et propose tout le contraire de son prédécesseur : réhabilitation d’un secteur public agonisant, durcissement des conditions d’investissements qui feront sans doute fuir les rares investisseurs intéressés par l’Algérie…

Quand on sait que les deux hommes –Belkhadem et Ouyahia- sont issus de la même majorité, censée appliquer le même programme, celui du président de la République, on ne peut s’empêcher de poser la question de savoir si ce programme présidentiel existe réellement.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/Alger...tion_4819.html