Pour le FMI, l’Algérie pourrait équilibrer son budget avec un baril à 56 dollars

Par sonia lyes , le 21/09/2008

Quel est le seuil au-dessous duquel une baisse des prix du baril de pétrole constituerait un danger pour l’Algérie ? Depuis quelques jours, le débat est lancé. Le 8 septembre, se basant sur des projections non-officielles obtenues de source gouvernementale, TSA révélait que l'économie nationale et la paix sociale seraient menacées par la perspective d'un baril à moins de 80 dollars. Si le baril de pétrole franchissait à la baisse ce seuil, le gouvernement se trouverait dans l'incapacité de poursuivre le financement des projets d'infrastructures lancés ces dernières années et estimés à plus de 200 milliards de dollars. Il serait surtout contraint de remettre en cause sa politique de subvention des prix des produits de première nécessité, avec le risque d'un dérapage incontrôlé des prix et ses conséquences sociales désastreuses. Le lendemain, deux analystes financiers cités par l’AFP affirmaient que l'Algérie ne pouvait pas se permettre d'avoir «des prix du pétrole sous 100 dollars pour des raisons budgétaires et de politique intérieure».

Ces indications ont été confirmées en partie par le Premier ministre. «L'Algérie fonctionne à un baril de 67 dollars. A 70 dollars nous serions donc en danger, à 60 ça irait mal, à 50 ça irait très mal», a estimé M. Ouyahia à l'issue du conseil national du RND. Ahmed Ouyahia n’a pas détaillé les raisons de son inquiétude. Mais, quand on sait que la loi de finances 2009 est basée sur un baril à 37 dollars, la différence de 30 dollars peut s’expliquer par trois éléments : un déficit budgétaire important attendu en 2009, une hausse des subventions des produits de première nécessité et les surcoûts éventuels des projets d’infrastructures lancés dans le cadre du programme de relance économique.

Les chiffres d’Ahmed Ouyahia viennent d’être confirmés par le Fonds monétaire international (FMI). Selon un haut fonctionnaire de cette institution financière cité par l’agence d’information américaine Dow Jones, l’Algérie pourrait équilibrer son budget avec un prix du baril au-dessus de 56 dollars. De tous les pays musulmans exportateurs, l’Algérie arrive en troisième position en terme d’exposition à une chute des prix, après l’Irak et l’Iran. Ces deux pays ont besoin respectivement d’un baril à 110 et 90 dollars pour équilibrer leurs budgets. Les pays du Golfe sont nettement moins exposés : le Qatar se contenterait d’un baril à 24 dollars, le Koweït à 33 et même l’Arabie saoudite a besoin d’un baril à 49 dollars pour éviter un déficit budgétaire.

Ces projections confirment que l’économie nationale demeure dangereusement exposée à une baisse des prix du baril. Elles confirment que les politiques menées par les gouvernements successifs n’ont pas réussi à réduire la dépendance du pays à l’égard du pétrole. Dans le cas d’une chute brutale des prix, l’Algérie pourrait revenir à une situation comparable à celle du début des années 1990 quand le pays était au bord de la cessation de paiement.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/Petro...-bud_4866.html