Plan de sécurité de l’aéroport et du port : L’incompréhension des riverains

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L’arrêté du wali d’Alger portant interdiction d’exercice des activités artisanales et commerciales, légales et informelles, autour du périmètre de l’aéroport international Houari Boumediène, continue à faire des remous parmi les riverains.

Les axes routiers touchés par l’arrêté ont été précisés : l’autoroute de Ben Aknoun, située au niveau de la commune de Dar El Beïda, la RN61 au niveau des APC de Dar El Beïda et de Rouiba, la cité la Base vie attenante à l’entrée secondaire de l’aéroport ou encore plusieurs cités telles que Abane Ramdane et Kourifa, situées aux Eucalyptus. L’objectif est la sécurité de la navigation aérienne et la protection des biens et des personnes. Un délai d’un mois a été accordé aux commerçants à partir de la date de la notification de cet arrêté n°2786 du 28 août dernier. Il est indiqué dans l’alinéa 1 de l’article 2 dudit arrêté que les concernés doivent quitter leurs commerces et les transférer vers des « lieux appropriés ».

Parmi les occupants des commerces devant être délocalisés, c’est la stupéfaction. Cet arrêté sommant, entre autres, le concessionnaire Huyndaï de quitter sous huitaine les lieux, a pris de court son PDG, Omar Rebrab, directeur de Hyundaï Motors Algérie, qui est catégorique : « Rien dans cet arrêté du wali d’Alger n’indique la nature des commerces concernés, ni la distance devant les séparer du périmètre de sécurité de l’aéroport, encore moins la nature des indemnités », s’emporte-t-il, en assurant que sa société possède deux sites au domaine Kahouadji à Dar El Beïda. Pour la clôture du parc sous douane, le directeur assure avoir déposé une demande qui a été acceptée. L’Etablissement national de la navigation aérienne (ENNA) ne s’y est pas opposé et l’a fait savoir expressément dans un courrier adressé au wali délégué le 11 juillet 2006. « Aucune contrainte aéronautique n’a été signalée dans le parc véhicules sous douane situé au lieudit Domaine Kahouadji », lit-on. Même situation « burlesque » pour la famille Bakalem, grand propriétaire des domaines limitrophes à l’aéroport.

« Huit familles habitent autour du périmètre. Une décision a été prise pour les indemniser au dinar symbolique pour le projet de l’autoroute auquel la famille s’oppose », relève Rebrab, indiquant que des familles habitant pourtant des maisons collées à la clôture n’ont jamais été inquiétées. « Alors que la société protège doublement le périmètre en engageant pour la sécurisation de ses sites une entreprise de gardiennage », poursuit-il. La situation est d’autant plus « insupportable » pour le concessionnaire qui ne trouve pas de répondant. « A la wilaya, l’on nous a demandé d’aller plus haut. De même au niveau de la justice. »

Pour le PDG, le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, est le seul responsable de cette situation. Sur le visa de l’arrêté, il est indiqué que le chef du gouvernement a pris une circulaire portant le renforcement de la sécurité autour de l’aéroport et du port. La wilaya d’Alger est inscrite aux abonnés absents. L’attachée de presse nous assure dans un premier temps que c’est la direction des Transports qui est concernée par l’affaire avant de se rabattre sur celle du commerce.

Même sort pour le port

Les habitants de l’immeuble de la rue Gao du port sont dans l’expectative. Ils sont « angoissés » par le va-et-vient des agents de l’Apc d’Alger-Centre, venus plusieurs fois les recenser. Aucune information possible sur le destin de la quarantaine de locataires de l’immeuble. « Même des gens introduits au niveau de la direction du port et à Alger-Centre n’ont pu avoir des informations sur les opérations devant permettre de sécuriser le périmètre du port. C’est en somme le black-out », s’indignent les habitants de cet immeuble.

L’opération de sécurisation a commencé par la démolition du lot 53, constitué de baraquements, mardi dernier. Le tour est venu aujourd’hui pour « déloger » les occupants du deuxième lot situé, pour la plupart, à l’intérieur du port. Rien pourtant n’est indiqué sur la destination des locataires. En plus des véhicules et marchandises, les habitations ceinturant le port devaient être délocalisées. La circulaire 1902 du 18 août dernier portant la sécurisation de tout le port et l’aéroport d’Alger a été prise par le ministère de l’Intérieur.

source : http://www.elwatan.com/Plan-de-secur...-l-aeroport-et