La corruption est-elle une fatalité en Algérie?

Par yasmine djaber , le 24/09/2008

Classée à la 92 ème place sur un total de 180 pays, avec la note peu enviable de 3,2 sur 10, l’Algérie demeure un très mauvais élève en matière de bonne gouvernance et de transparence, révèle le dernier rapport de l’association Transparency International qui analyse l’indice de corruption des Etats. Dans le précèdent classement, notre pays occupait la 99ème place, avec une note de 3 sur 10.

L’Algérie peine à s’extirper du lot des pays les plus mal notés au moment ou nos voisins, le Maroc et la Tunisie, nous devancent. Si ce classement n’est pas tout à fait surprenant eu égard à la prolifération de la corruption à tous les niveaux de l’Etat et de la société, il n’en est pas moins révélateur d’un fait que nos gouvernants n’oseront jamais s’avouer. A savoir que la corruption a fini par être érigée en pratique courante et indispensable pour le maintien du pouvoir en place. Pour ce faire, il s’est de tout temps entouré d’hommes malléables qui épousent parfaitement la logique ambiante et ne s’est jamais gêné de mettre « hors d’état de nuire » toutes les velléités d’opposition et les adeptes des changements radicaux.

Lorsque l’instinct de survie l’exigeait, le pouvoir n’a pas hésité, par le passé, à recourir aux moyens extrêmes pour étouffer définitivement les voix importunes qui menaçaient sa pérennité. Se souciant de sauvegarder l’image de marque d’un pays qui a opté depuis le début de la décennie précédente pour «l’ère démocratique», nos dirigeants recourent à des moyens plus sournois pour se maintenir. Ils encouragent, de manière directe ou implicite, les comportements véreux, si bien que la corruption est quasiment devenue un mode d’emploi pour une ascension rapide et certaine à la sphère politique ou dans les milieux d’affaires les plus convoités d’où sont souvent exclus les notions d’honnêteté et de probité.

Le décalage entre les discours officiels prônant une lutte sans merci contre ce fléau ravageur et la persistance des mœurs et des mentalités qui l’encouragent est tel que l’on ne peut que douter de l’existence d’une réelle volonté politique d’y parvenir. Que le président de la république ou le chef du gouvernement claironnent, à qui veut bien le croire, leur bonne foi et leur détermination ne peut suffire pour réinstaurer la confiance avec les gouvernés. Ces derniers ont besoin de voir que la transparence est appliquée à tous les niveaux de décision.

Si les dirigeants veulent combattre la corruption, il faut qu’ils commencent par donner le modèle en bannissant les passe-droits et le népotisme. Il faut également prémunir nos cadres et compétences en leur accordant le statut qui leur échoit, pour les éloigner de la tentation de la corruption. Comment expliquer, par exemple, que les ingénieurs algériens de l'Organisme National de Contrôle Technique des Travaux Publics, en charge du contrôle projet de l'autoroute Est-Ouest soient payés à seulement…30.000 dinars ? Il en est ainsi pour d’autres responsables évoluant dans des postes de responsabilité où ils gèrent des milliards de dollars, et qui peuvent favoriser la tentation.

Lorsque le pouvoir injecte 200 milliards de dollars dans des projets d'infrastructures, le gouvernement doit s’assurer qu’il n’ouvre pas la voie à la corruption. En Algérie, les hommes partent et le système perdure avec les mêmes attitudes corruptibles et idéologies qui le font s’éterniser. D’où cette lancinante question : la corruption est-elle une fatalité ?

source : http://www.toutsurlalgerie.com/La-co...rie-_4915.html