Le Dg d’Ota, Tamer El Mahdi, À “Liberté”
“Djezzy va consolider ses investissements en Algérie”

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Il y a à peine quelques jours, l’Égyptien M. Tamer El-Mahdi est nommé à la tête d’OTA, en remplacement du Libanais Hassan Kabani. Cette nomination avait été précédée d’une mise au point de Naguib Sawaris : Djezzy n’était pas à vendre.

Dans cet entretien, le nouveau DG d’OTA réaffirme la détermination et la volonté du groupe Orascom à consolider ses investissements en Algérie avec comme souci majeur le respect des lois de la République. Droit au but, Tamer El-Mahdi livre la feuille de route de Djezzy avec comme principale priorité : développer les investissements qui ont atteint 3 milliards de dollars, améliorer le réseau et les services et s’impliquer davantage dans la promotion de l’image de marque de l’Algérie.


Liberté : Le président Bo^^^^^ika a déclaré mardi dernier, lors d’une réunion consacrée au secteur des postes et des technologies de l’information et de la communication, que le partenariat dans la téléphonie ne saurait aboutir à la perte du contrôle de l’État sur le secteur des télécommunications. Quel commentaire faites-vous à ce sujet ?

Tamer El-Mahdi : Il est tout à fait naturel que l’État applique son rôle de contrôle et de régulation sur tous les domaines. C’est le cas de tous les pays dans le monde qui, à travers des instruments mis en place à cet effet, procèdent régulièrement au contrôle des activités, aussi bien des entreprises privées que publiques. Nous portons toute notre considération et notre respect pour l’État algérien et pour le président Bo^^^^^ika, et les décisions prises s’inscrivent dans le sens normal des choses.


Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État critique les investisseurs étrangers. Lors d’une rencontre avec les maires, il s’est interrogé sur le transfert massif des bénéfices à l’étranger au lieu de les investir dans le pays d’accueil. Pensez-vous qu’OTA est concerné par ces griefs ?

Je dois tout d’abord préciser une chose : Orascom Telecom Algérie travaille en tant qu’entreprise algérienne. Nous œuvrons dans l’intérêt de nos abonnés et clients. Nous engageons des investissements afin d’améliorer le réseau et les services. C’est le sens même de notre mission en tant qu’opérateur.


Beaucoup de rumeurs ont fait état de problèmes au niveau d’OTA, le changement à la direction, la vente d’OTA à France Télécom. Qu’en est-il ?

Le succès de Djezzy a probablement suscité des animosités de la part d’adversaires ou de ses concurrents. Concernant France Télécom, ce dernier avait lui-même démenti les rumeurs concernant OTA en affirmant qu’il n’était pas intéressé par le marché algérien. Ceci dit, il y a des rumeurs qui méritent des clarifications telles que les investissements et l’avenir de l’entreprise en Algérie.


OTA est sans contexte le premier investisseur étranger hors hydrocarbures en Algérie. Quels sont les projets d’investissement que vous comptez lancer dans les années à venir ?

Contrairement aux rumeurs distillées çà et là, nous allons poursuivre avec force et détermination notre effort d’investissement en Algérie afin de développer davantage Djezzy. Et le niveau des investissements sera à la hauteur de la demande du marché et des besoins de nos abonnés. Nous allons ainsi continuer à œuvrer afin que nos abonnés soient fiers d’appartenir à la famille Djezzy. Des projets sont en cours d’étude, nous les annoncerons en temps opportun. Nous avons déjà réalisé environs trois milliards de dollars d’investissement en Algérie et le chiffre est appelé à se développer au fur et à mesure que d’autres projets viendront consolider notre présence en Algérie. Et plus la concurrence sera accrue et plus OTA aura besoin d’investissements en vue de présenter d’autres produits à ses clients. Et pour cela, nous aurons besoin de renforcer les cadres algériens qui exercent à Djezzy afin que l’opérateur soit prêt pour accueillir les 3G et 4G.


Quelles sont les priorités de Tamer El-Mahdi pour le développement d’OTA ?

Maintenir et développer le programme d’investissement, consolider en qualité et en volume le réseau Djezzy en visant son amélioration et continuer à offrir les meilleurs produits et les meilleurs services à nos clients. Djezzy s’impliquera davantage dans le sponsoring, ainsi que toutes les manifestations visant le bien-être des citoyens algériens ainsi que la promotion de l’image de marque de l’Algérie, tout en veillant au strict respect des lois et réglementations en vigueur de l’ARPT. Je dois vous dire que je suis très attentif aux idées des cadres algériens d’OTA. Ce dialogue nécessaire entre le sommet et la base nous permet d’évoluer et de connaître toutes les potentialités des ressources humaines.


Les opérateurs présents actuellement, dont Djezzy, avaient refusé que la licence de la 3G soit conditionnée par l’entrée d’un nouvel opérateur sur le marché. Peut-on connaître vos réserves ?

Ce n’est effectivement pas nécessaire que la vente de la licence de la troisième génération soit conditionnée par l’entrée d’un quatrième opérateur dans le marché de la téléphonie mobile. D’abord, il faut étudier la rentabilité économique d’une telle entrée. De ce point de vue-là, la question est de savoir s’il y a un quatrième opérateur, il viendra faire quoi dans l’état actuel des choses ? C’est une opération strictement économique.


Est-ce que les services de la 3G peuvent susciter l’intérêt des abonnés sachant que cela augmentera le niveau de consommation du produit de la téléphonie mobile en Algérie ?

Si je dois me référer à ce qui s’est passé en Égypte, je dois vous dire que l’entrée de la troisième génération n’a pas été rentable. Deux ans après sa mise en service, peu d’abonnés se sont intéressés aux services offerts par la 3G. De façon générale, la troisième génération n’a pas eu de succès, et cela à travers le monde. Ce n’est que cette année que les services de la troisième génération commencent à susciter un certain intérêt dans quelques pays européens.

Cependant, dans les pays du Moyen-Orient, notamment en Égypte, l’expérience de la 3G n’a pas connu la réussite escomptée.
Je crois que la question n’est pas de savoir si les Algériens sont prêts ou non à accueillir et consommer les services que proposera la troisième génération du mobile. Il y a lieu d’abord de mettre en place l’environnement nécessaire qui favorisera la consommation de la 3G. Et le nombre d’abonnés de la troisième génération dépendra pour ainsi dire du niveau de la pénétration du réseau internet dans le pays. Mais il faut dire aussi que le nombre ne peut être le même que celui enregistré pour les services des première et deuxième générations. Les études ont montré jusqu’à présent que c’est dans les pays où le réseau internet est développé que la 3G trouve preneur. Mais je dois dire qu’en Algérie, l’usage de l’internet augmente de plus en plus, et ce développement ne peut que favoriser et faciliter l’utilisation des services de la 3G lorsque celle-ci sera lancée. Mais quand ? C’est cela la question qui reste posée.


Combien a coûté l’opération d’identification des puces anonymes à OTA ?
L’identification des puces anonymes qui se poursuit toujours a nécessité, il faut le dire, un gros budget mais je n’ai pas encore le détail du coût global de cette opération. Je me suis déplacé hier (ndlr mercredi) à l’ARPT en vue de suivre ce processus qui exige de chaque opérateur la présentation d’un rapport hebdomadaire de la situation. Ce n’était pas une convocation comme cela a été écrit dans un journal, mais une réunion normale à laquelle chaque opérateur, et pas seulement Djezzy, concerné par l’identification des puces anonymes doit assister afin d’expliquer aux responsables de l’Autorité de régulation le niveau d’identification atteint, la méthode de travail et ce qui reste à assainir à l’approche de la date butoir du 10 octobre prochain.


À quel niveau est Djezzy dans le processus d’identification ?

Je ne peux pas donner de chiffres, mais ce que je pourrai vous dire, c’est qu’un nombre important et considérable de puces anonymes a été régularisé. Nous sommes aujourd’hui le seul opérateur qui a lancé deux promotions afin de susciter ceux qui possèdent encore des puces anonymes à se présenter aux différentes boutiques de Djezzy afin de procéder à la régularisation de leur situation. En fait, l’une de ces promotions dit quelque chose de simple : celui qui n’est pas encore identifié a la chance de bénéficier des avantages de la promotion une fois sa situation régularisée. Une manière de gagner la fidélité des clients et de les faire profiter même dans ce genre de situation. Nous avons lancé une campagne dans les médias afin d’informer nos abonnés de la manière à suivre afin de régulariser leur situation. Nous avons été le seul parmi les autres opérateurs à mettre le paquet dans cette opération. Je dois vous dire qu’OTA n’applique pas seulement les instruments de l’ARPT. Nous sommes conscients et convaincus que le projet d’identification des puces anonymes sert les intérêts de l’État algérien et nous avons fourni tous les efforts afin que la mise en œuvre de cette opération se fasse avec méthode à même de faciliter la tâche aussi bien aux abonnés que notre souci de servir l’État algérien.


Selon des sources non officielles, il existerait quelque 28 millions d’abonnés en Algérie ; considérez-vous que le marché du mobile dans notre pays est saturé ?
Dans l’état actuel des choses, on ne peut pas dire que le marché algérien du mobile est saturé, mais l’on peut aisément dire qu’il a atteint un niveau très appréciable en termes d’utilisation du téléphone portable par rapport à la norme universelle. Et comparativement à l’Égypte, le boom de la téléphonie mobile en Algérie a été beaucoup plus rapide. Cela a été rendu possible grâce au climat de concurrence et aux facilitations offertes par le gouvernement algérien et l’ARPT.


Vous avez la réputation d’un “cost killer” ; d’où vient-elle ?

Personnellement, je dois avouer que je ne sais pas d’où vient cette réputation. Durant les quatre dernières années, j’étais responsable d’OTH et j’avais un budget de trois milliards de dollars par an. À chaque fois que je négociais avec le fournisseur, je cherchais à avoir toujours la meilleure qualité au moindre coût. J’étais chargé d’accompagner les différentes filiales du groupe afin que ces dernières puissent atteindre leurs objectifs. J’avais ainsi sous ma responsabilité Wind-Italie, Wind-Grèce, Djezzy, Tunisiana, Mobinil, Banglalink-Bangladesh et Mobilink-Pakistan. Ma seule devise est d’investir le maximum afin d’avoir le maximum. Il m’importait peu de savoir combien je devais mettre, tant que le profit se mesurait au niveau de l’investissement initial. Une administration qui a pour seul souci de diminuer les investissements ira inévitablement vers l’échec. Mon seul souci est d’investir plus pour gagner plus.


source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=100204