Peu d’attaques ont été perpétrées durant le ramadhan
Face au terrorisme, la vigilance a payé

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Cette diminution de l’activisme terroriste pourrait s’expliquer par le renforcement du dispositif sécuritaire notamment autour et dans les grands centres urbains. Rien qu’à Alger, un dispositif impressionnant a été déployé dès les premiers jours de Ramadhan.

Il faut sans doute s’en réjouir même si la vigilance doit rester de mise. Le mois de Ramadhan qui s’achève aura été, contrairement aux appréhensions nourries à ses débuts, globalement calme. Hormis quelques manifestations éparses, très circonscrites du reste, la situation sécuritaire n’a pas prêté à beaucoup d’inquiétude. Loin d’être spectaculaires, les “faits d’armes” de nos “apprentis taliban” se résument à quelques actes terroristes. Une embuscade contre des membres de la police communale dans la commune d’El-Hassania, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Aïn Defla où l’on avait déploré la mort de deux éléments, tandis que trois autres ont été blessés ; un barrage de gendarmerie attaqué mercredi dernier dans la commune de Boumedfaâ où un gendarme a été tué alors que deux autres ont été blessés ; deux gardes communaux assassinés samedi en plein jour dans un faux barrage dressé sur la route desservant le village d’Aït Ouarzedine, non loin des monts de Sidi-Ali Bounab, dans la région de Tadmaït, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou ; toujours dans la même wilaya, précisément à Azzazga, une bombe artisanale qui a explosé au passage d’une patrouille de gendarmerie faisant quatre blessés à la mi-septembre, une semaine après une autre explosion du côté de Boghni où deux citoyens ont été blessés. Pour une organisation qui se gargarise d’être une “succursale” du “syndicat international du crime”, Al-Qaïda en l’occurrence, “la moisson est très maigre”, si l’on ose emprunter cette formule cynique.

Cette diminution de l’activisme terroriste de l’organisation de Droukdel pourrait cependant s’expliquer par le renforcement du dispositif sécuritaire, notamment autour et dans les grands centres urbains. Rien qu’à Alger, un dispositif impressionnant a été déployé dès les premiers jours de Ramadhan. De nombreux barrages sont ainsi dressés sur les principales routes menant au centre-ville alors que des fouilles minutieuses sont opérées sur les voitures-camionnettes et les fourgons, réputés pour servir au transport des explosifs. Plusieurs policiers en tenue, munis de détecteurs d’explosifs, un matériel acquis récemment par les services de sécurité, sont également postés en permanence autour de nombreux édifices publics. Chose nouvelle, des patrouilles à pied ou en voiture sont effectuées régulièrement dans les marchés ou des endroits suspects. Des dispositifs similaires, mais avec un nombre moins étoffé d’éléments des forces de sécurité — Alger focalise le gros des troupes en raison de son statut et de sa qualité de cible stratégique qu’elle représente pour l’organisation terroriste — sont également déployés dans les autres centres urbains du pays, notamment ceux qui connaissent habituellement une activité terroriste accrue, comme dans la région du Centre-Est. Parallèlement, et loin des feux de la rampe, une pression est exercée notamment par les militaires sur de nombreuses poches terroristes. Et rien de plus édifiant que ces déplacements du général de corps d’armée à Tizi Ouzou et à Batna. Même si rien n’avait filtré sur ces déplacements, naturellement pour des raisons de sécurité mais aussi par rigueur professionnelle, nul doute qu’ils participent d’une volonté de mettre les touches nécessaires à un plan d’offensive global. La question maintenant est de savoir si le dispositif spécial Ramadhan déployé dans les centres urbains sera maintenu ou non. Si, a priori, rien ne permet de se hasarder à une quelconque réponse, il reste que le calme a été perceptible pendant cette période de Ramadhan. Comparé à l’année écoulée, on peut dire sans risque de se tromper que les terroristes ont été étouffés. Mais au-delà, ils semblent ne plus disposer des mêmes capacités de déploiement qu’il y a quelques années. L’an passé, par exemple, ils avaient réalisé un mini-coup médiatique qui a failli déteindre sur les relations algéro-françaises. C’était suite à l’attaque du convoi de l’entreprise Razel dans la région de Lakhdaria. Mais cette année, en dépit des attentats spectaculaires du mois d’août, un scénario qui participe des stratégies d’épouvante, ils n’ont pu étaler la puissance dont, prétendument, ils se revendiquent. Mais cela dit, la stratégie de lutte contre le terrorisme ne doit pas se contenter des renforcements conjoncturels des effectifs dans les centres urbains.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=100320