Vous connaissez sans doute déjà probablement l’acronyme FTTH, pour Fiber To The Home, qui désigne l’accès des particuliers à la fibre optique. La société BluWan parle, elle, d’un concept dérivé y faisant référence avec son FTTA, pour Fiber Through The Air, littérament « Fibre à travers les airs ».

Évidemment, il s’agit d’une vue de l’esprit, car il n’est pas question de faire passer de la fibre optique à la manière des lignes électriques en ville. Walter Gruppi, président de BluWan a indiqué durant le CeBIT que des expérimentations commenceront cette année, avec l’accord de la mairie de Paris. Il faut dire que la société est l’un des produits de la scission de Thalès et qu’elle se focalise sur le très haut débit sans fil.

Deux terrains sont pour le moment explorés : les hautes fréquences, entre 40,5 et 43,5 GHz, et les hyperfréquences, bien que pour ces dernières, le domaine soit encore purement expérimental. Ce n’est pas le cas des hautes fréquences, sur lesquelles BluWan obtient visiblement de très bons résultats.

Mais quel serait le but ? Simple : les avantages de la fibre optique, sans le déploiement onéreux qu’elle exige. Évidemment, on ne peut pas dire que le FTTA offrira les mêmes limites que la fibre, mais il permettrait facilement, selon Walter Gruppi, de proposer des offres « triple play » à 100 Mb/s avec des coûts de mise en place de 10 à 20 fois inférieurs à ceux engendrés par la fibre.

Cette estimation devrait être un argument de choc pour les équipementiers, ainsi que les fournisseurs d’accès intéressés. Selon BluWan, une douzaine de stations centrales à peine seraient suffisantes pour couvrir la zone géographique de Paris. Côté client, la facture ne devrait pas être très lourde non plus, car de simples décodeurs satellite peuvent être utilisés pour récupérer le signal. Il n’y a donc aucun requis d’investissement dans une technologie nouvelle et donc onéreuse.

Pour le moment, la plage des hautes fréquences entre 40,5 et 43,5 GHz n’est pas attribuée. Walter Gruppi indique à ce sujet : « Actuellement, cette bande de fréquence est disponible mais non exploitée en France. Nous avons lancé une expérimentation sur Paris dans ce sens. Après, l'Arcep pourrait éventuellement initier une procédure d'attribution par enchère. Au Royaume-Uni, son équivalent Ofcom s'est déjà engagé dans le processus d'une future attribution de licences » (propos recueillis par VNUnet France).