M. Djilali Tarikat, P-DG de la Cagex, à propos des exportations hors hydrocarbures
“1,5 milliard de dollars de recettes escompté en 2008”

Cette compagnie enregistre des impayés. Elle signale que le non-rapatriement de devises pour de nombreuses opérations d’exportations risque de porter préjudice à l’économie nationale.

Compte tenu de la crise financière qui secoue actuellement la scène économique mondiale, le comportement des compagnies d’assurance à l’exportation tend vers l’austérité. De par ce que vivent comme difficultés les grandes institutions financières, notamment les banques, l’exportateur risque le non-paiement par son client. “Tout banquier qui garantit une exportation pose un problème réel de risque de non-paiement par les exportateurs”, prévient M. Djilali Tarikat, président directeur général, de la Compagnie algérienne d’assurance et de garantie des exportations (Cagex). S’il n’y a que quelques problèmes à signaler pour les exportations à destination de l’Europe, souligne M. Tarikat, celles orientées vers les nouveaux marchés posent un risque certain. La tendance est, selon lui, de se retourner vers les pays du Sud. Or là-bas le risque est assez élevé. Ainsi, les exportateurs algériens doivent faire très attention lorsqu’ils placent leurs produits sur ces marchés. “Il ne suffit pas de vendre ses produits à crédits et de réaliser de belles opérations, encore faut-il que l’on soit payé. Souvent, la surprise vient en bout de la chaîne”, avertit-il. Pour le P-DG de la Cagex, aujourd’hui, toutes les destinations présentent un risque, surtout commercial. Tous les ans, au sein des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), notamment européens, il est recensé entre 35 000 et 40 000 faillites de sociétés. “Avec la crise actuelle, toute entreprise acheteuse présente un risque potentiel de non-paiement”, avise-t-il encore dans une interview qu’il a accordée à la radio Chaîne III. Plusieurs dizaines de dossiers d’impayés ont été enregistrés à la Cagex par des exportateurs qui, malheureusement, affirme M. Tarikat, ne sont pas assurés. Sans être précis, il avoue que le montant de ces impayés se chiffre en milliers d’euros. Une telle situation, si elle arrive à se perpétuer, engendrera des déficits pour l’économie nationale. Le fait de ne pas rapatrier les produits d’exportation, constitue une infraction au contrôle de change, estime le P-DG. Si les entreprises exportatrices venaient à avoir un comportement volontariste d’exporter sans consulter les spécialistes, l’économie nationale subira des effets négatifs qui ciblera aussi le potentiel à l’exportation naissant. Les opérations à l’export doivent se faire par conséquent, avec prudence et en concertation avec les spécialistes du domaine afin de protéger le peu d’exportateurs qui activent dans notre pays. En dehors, des hydrocarbures, l’Algérie n’exporte que des fruits et légumes tels que les dattes, produits de vins, fertilisants, et les déchets ferreux et non ferreux. Les exportations hors hydrocarbures connaissent chaque année, indique Djilali Tarikat, une croissance qui se situe entre 15% et 30%. Il annonce un total de plus de 1,5 milliard de dollars d’ici à la fin de l’exercice 2008 contre environ 1,2 milliard de dollars en 2007. Ce qui fait dire au premier responsable de la Cagex qu’il y a toujours des efforts consentis pour développer les exportations hors hydrocarbures. Cependant, un tel montant reste encore faible par rapport aux potentialités existantes dans notre pays. “On peut mieux faire”, nuance M. Tarikat. À noter que la Cagex est en relation avec de grands réassureurs dans le monde qui la soutiennent dans ses activités pour la gestion du risque commercial à l’international. Le Trésor public assiste également la compagnie lorsqu’il s’agit de prendre des risques sur des pays. “Quand il est question de garantie de nos exportations, il n’y a pas de limites. Nous pouvons intervenir pour des montants extrêmement importants”, rassure M. Tarikat. Au titre d’une seule opération d’exportation, le maximum garanti jusque-là par la Cagex, est d’un montant qui a avoisiné les 400 millions de DA. Par ailleurs, en matière de gestion de risque commercial à l’exportation, souligne-t-il, tout est fondé sur l’information qui demeure la spécialité d’organismes en particulier les compagnies d’assurances crédits telles que la Cagex. En termes plus clairs, c’est d’avoir un maximum d’informations sur l’acheteur qui est débiteur (achète à crédits) et même sur le pays de destination où se trouve ce client.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit....02008%E2%80%9D