Baisse des prix du pétrole
Le Brent chute de 10 dollars

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En dépit de cette baisse des cours du brut, l’Algérie est assurée, selon le ministre de l’Énergie, d’engranger 80 milliards de dollars en 2008, au titre des recettes en devises tirées des exportations d’hydrocarbures.

Depuis le rejet mardi dernier du plan de sauvetage du secteur bancaire par la Chambre des représentants US, les prix du pétrole ont chuté de plus de 10 dollars. Hier matin à Londres, le prix du baril de Brent, variété de pétrole de la mer du Nord, pour livraison en novembre valait 90,73 dollars. Il s’échangeait mardi dernier à 103 dollars à quelques heures du vote de la Chambre des représentants. Après le rejet par cette dernière du plan Paulson, le baril de Brent était coté à 93,96 dollars. “Les cours du pétrole ont très peu évolué hier matin au lendemain d’une forte chute de près de cinq dollars dans l’attente de l’issue du vote du Congrès américain alors que persistent les craintes liées à la dégradation de la demande pétrolière”, indique l’AFP.

Ainsi depuis mardi, les prix du baril du pétrole sont passés sous la barre des 100 dollars. “Grippé par la crise financière, le marché pétrolier souffre actuellement d’une baisse des échanges et d’une extrême défiance entre acteurs de la place, ayant pour effet d’exagérer les variations de prix et de précipiter leur baisse”, analyse l’AFP. On prévoit une baisse de la demande pétrolière en 2009. “Jeudi, les analystes de Merril Lynch ont divisé par deux leurs estimations de croissance de la demande de pétrole dans le monde en 2009 à 400 000 barils/jour. Ceux de Barclays Capital ont revu à la baisse leur scénario de la demande pour cette année. Ils estiment à 480 000 barils/jour la croissance de la demande en 2009”.

Cette chute des prix n’aura pas cependant grand effet à court terme sur les entrées en devises du pays. L’Algérie avait déjà accumulé plus de 50 milliards de dollars d’entrées en devises à fin août. Elle est assurée de réaliser 80 milliards de dollars de recettes tirées des exportations de pétrole et de gaz, en 2008 avait affirmé Chakib Khelil, le ministre algérien de l’Énergie. En effet, à fin août, les prix du pétrole ont dépassé en moyenne les 100 dollars. Ils sont en hausse d’environ 40% par rapport à la moyenne de 2007. L’année dernière, l’Algérie avait réalisé une recette de l’ordre de 69 milliards de dollars. Le prix du baril s’était établi à 72 dollars.
En outre, elle profitera du décalage des prix du gaz. Ces derniers, le second semestre, sont calculés sur la base des prix du pétrole du 1er semestre. Or, les cours du brut le 1er semestre ont dépassé en moyenne les 100 dollars.

Par ailleurs, les exportations d’hydrocarbures du pays vont croître en 2008, estiment des experts. Les ventes de gaz vont progresser, à faveur d’une croissance des exportations vers l’Italie, 6 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires devront être livrés aux compagnies italiennes à partir de l’automne, grâce à l’extension des capacités du gazoduc Enrico Mattei reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie.

En 2009, c’est l’incertitude. Des analystes prévoient des prix du pétrole autour de 90 dollars l’année prochaine, et une chute plus importante en ces temps de récession aux États-Unis et en Europe.

Une réponse à court terme pourrait être suggéré avec le vote du Congrès américain hier, affichant ou non la détermination américaine à sauver son secteur bancaire et à apporter un remède à la crise financière mondiale.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit....2010%20dollars