Suite à la suppression de la condition d’un capital minimal de 20 millions de dinars Plus de 5 000 nouvelles sociétés importatrices en dix mois
Par Zineb M.

Pas moins de 5 000 nouvelles entreprises importatrices ont été créées suite à la suppression cette année de la mesure qui obligeait depuis 2005 les importateurs de marchandises pour la revente en l’état à se doter d’un capital de 20 millions de dinars, selon le directeur général du Centre national du registre du commerce (CNRC), M. Mohamed Dif.

«En dix mois le nombre de sociétés importatrices pour la revente en l’état est passé de 22 000 à 27 000 dont 15 000 sociétés étrangères alors que celles qui activent dans l’export n’excédent pas 400 sociétés», a-t-il indiqué hier lors d’une conférence sur la promotion des exportations hors hydrocarbures, tenue au siège de l’Agence algérienne de promotion du commerce extérieur (Algex).

Les importations hors hydrocarbures restent minimes malgré les intentions et les mesures prises par les pouvoirs publics pour les promouvoir. Durant les neuf premiers mois de l’année, elles n’ont représenté que 2,45 % des ventes nationales à l’étranger, totalisant un montant de 1,55 milliard de dollars alors que les recettes d’exportations des hydrocarbures ont atteint 61,6 milliards de dollars.

Le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), M. Réda Hamiani, qui a pris part à cette rencontre, a vivement critiqué l’accord d’association avec la Communauté européenne qui ne profite pas à l’économie algérienne. «Un accord, dit-il, qui favorise l’importation effrénée en provenance des pays de la région sans pour autant encourager les exportations vers les pays de cette même région.»

Pour M. Hamiani, l’échange est inégal tant que le développement économique et industriel est inégal. «Le niveau de leurs exportations n’est pas comparable au nôtre», a-t-il admis.
L’accord d’association avec l’UE critiqué

«Outre cette inégalité des échanges commerciaux entre l’Algérie et les pays de la région, l’accord d’association avec l’UE ne contribue même pas au développement de notre outil de production car les opérateurs européens préfèrent l’investissement de rente à l’investissement productif», a-t-il encore regretté.

«Nous ne voulons pas être dupes par rapport à nos partenaires européens dont les propositions ne sortent pas du cadre commercial», a-t-il encore conclu. Abondant dans le même sens, le P-DG du groupe Cevital et membre du FCE, M. Issad Rabrab, a rappelé encore une fois que les opérateurs algériens n’ont pas été associés à cet accord, ce qui les a empêchés de défendre leurs intérêts et les a placés en position d’infériorité par rapport à leurs concurrents européens.

Il a estimé par ailleurs que la promotion des exportations hors hydrocarbures passe d’abord par le développement de l’outil de production.

Cela permettra aux sociétés nationales de développer leur production en qualité et en quantité afin de satisfaire la demande locale et de dégager des excédents à l’exportation. Z. M.

source : www.jeune-independant.net