Impact de l’appréciation du dinar par rapport à l’euro

Les médicaments moins chers

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Les opérateurs dans l’agroalimentaire et les concessionnaires automobiles sont dans l’expectative. Vont-ils suivre cette tendance baissière ?

Le dinar vient discrètement, et sans annonce, de faire l’objet d’une manœuvre de “réévaluation” qui ne dit pas son nom, à la faveur d’un judicieux réajustement opéré par les autorités monétaires de la place. En effet, pour les importateurs qui approvisionnent l’économie nationale, c’est une bonne nouvelle, le cours du dinar face à l’euro donne un taux commercial de 80,28 dinars pour un euro contre 87,87 il y a un mois et plus de 96 à la même période de l’année dernière. Sur un an, le dinar s’est raffermi de 14 points, soit près de 15 pour cent contre l’euro, ce qui est énorme dans le sens où cela représente toute une marge bénéficiaire pour un opérateur. La démarche de la Banque d’Algérie participe de la stratégie qui est appelée à faire face aux risques inflationnistes importés et en réaction à la crise financière mondiale. Pour le simple citoyen, l’effet se traduira en renforcement indirect et non déclaré du pouvoir d’achat à la condition, cependant, que les importateurs et autres opérateurs consentent à répercuter cette aubaine monétaire sur les prix de leurs marchandises. L’institut d’émission, la Banque d’Algérie, vient ainsi d’actionner le levier de la régulation monétaire en réaction aux nouvelles tendances observées sur les places internationales où le dollar grimpe face à l’euro, et provoque, si le souci de transparence commerciale est respecté, un effet boule de neige sur les flux entrants de tout produit importé. Le scénario logique de la tendance baissière, qui pourrait atterrir sur le marché algérien, concernera exclusivement les produits importés de la zone euro. Car le dollar connaît plutôt un mouvement à la hausse et, par prolongement, il n’est pas acquis que les importations en provenance de cette zone collent forcément à une possible réduction de coût et de prix. N’oublions pas que la cotation euro-dollar a sérieusement été bouleversée depuis la crise financière. Aujourd’hui, l’euro coûte 1,24 dollar contre 1,57 il y a quelques mois seulement. L’économie algérienne, gravement dépendante des importations, pourrait ainsi profiter du couloir monétaire ouvert par l’autorité monétaire afin de contenir les fluctuations des deux monnaies phare, le dollar et l’euro. Et, partant, la plus grande partie de nos importations étant facturée en euros, conjuguée à la baisse des cours des principales matières premières alimentaires facturées en dollars — sans omettre donc de mentionner l’effet compensatoire —, la nouvelle donne inciterait à une probable révision des prix domestiques. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, intervenant sur les ondes de la radio, a d’ailleurs mis en avant “le renforcement du dinar” en souhaitant voir “notamment les concessionnaires automobiles”, a-t-il précisé, réviser leurs prix à la baisse.

Cette suggestion du ministre vient en réponse à une question sur l’instauration et le maintien de l’impopulaire taxe sur les véhicules neufs, qui a sensiblement renchéri les marchés, aussi bien des véhicules neufs que celui de l’occasion en ce sens où ce dernier s’est positionné à la faveur de la taxe inédite en alternative commerciale inéluctable pour les acheteurs potentiels. Une taxe qui a assuré la survie du marché de l’occasion, et dont les motifs économiques qu’a tenté de fournir le ministre, sont loin d’être éloquents dans la mesure qu’il relève de l’insolite de considérer que les fonds engrangés par la taxe serviront à subventionner des modes de transport (tramway et métro), jusque-là virtuels. Peut-on donc accepter le paradoxe qui voudrait que dans une économie de marché, il incombe au citoyen de subventionner l’État ? La taxe instaurée a beaucoup plus des relents d’un impôt sur la fortune qui ne dit pas son nom, si tant est que l’on peut admettre, qu’un véhicule dont le prix oscille entre 400 000 et 600 000 dinars, soit un signe apparent de richesse. Les concessionnaires, qui ont déjà eu à prendre sur eux l’effort d’absorber la taxe au profit de la clientèle, concéderont-ils un effort supplémentaire pour revoir à la baisse leurs prix ? Difficile pour eux d’y adhérer sauf si la baisse de l’euro s’accentue et s’inscrit dans la durée, comme le dictera la récession mondiale qui commence à s’installer. Si pour le segment de l’automobile, dont l’enveloppe à l’importation avoisine les 2,8 milliards de dollars, l’heure n’est pas encore propice pour les réponses, le secteur de la pharmacie par contre affiche une attitude prometteuse. En effet, comme nous l’attestent des professionnels du médicament, “nous sommes tenus réglementairement de baisser nos prix en fonction de la chute de l’euro”. Et donc, il faudra s’attendre à de sensibles baisses de plusieurs médicaments importés. Le gain est fonction du niveau d’importation globale à partir de la zone euro. Quant aux produits alimentaires, des opérateurs nous ont déclaré qu’ils “préfèrent attendre l’évolution de la situation avant de passer à la révision de la structure des prix”, tout en n’excluant pas “de suivre la logique baissière”.


source : http://www.liberte-algerie.com/edit....0moins%20chers