Une centrale d'hydrogène solaire à Ghardaïa

26.10.2008

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Des chercheurs algériens qui supervisent l'étude du "projet du Maghreb- Europe" sur la production et l'exportation de "l'hydrogène solaire" ont proposé le lancement de ce dernier par la création d'une centrale d'énergie solaire prés de la ville de Ghardaïa, au regard du potentiel solaire considérable de l'Algérie dans tout le bassin méditerranéen.

M. Bouziane Mehmeh, qui supervise l'étude en compagnie d'un groupe de chercheurs au centre de développement des énergies renouvelables de Bouzaréah à Alger, a indiqué que "l'étude consiste à rechercher la possibilité d'introduire le gaz hydrogène dans le gaz naturel, précisant que les premiers résultats sont "convaincants et satisfaisants".

L'étude, a-t-il ajouté, a obtenu un prix d'encouragement de la revue de l'OPEP "pétrole et coopération arabe".

L'idée de ce projet est née, selon ses initiateurs, lors du "16éme congrès international sur l'énergie hydrogène, tenue dans la ville de "Lyon" (France) en 2006 sur proposition du premier congrès international sur l'hydrogène en tant que source énergétique renouvelable" tenue à Alger en juin 2005.

La revue "pétrole et coopération arabe" a publié dernièrement l'étude qui considère que l'hydrogène solaire est "le carburant stratégique alternatif le plus attractif et le plus disponible pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux dans les prochaines décennies" et résoudre les problèmes en relation avec la crise énergétique qui secoue le monde actuellement et son impact sur la hausse des prix du pétrole et les émissions de gaz nuisibles à l'environnement.

En 2005, des experts d'Algérie, de Tunisie, du Maroc, d'Egypte, de France, d'Italie, d'Allemagne et du Royaume-Uni ont recommandé "la création d'un grand projet Maghreb- Europe pour développer et exploiter l'hydrogène produit à partir de l'énergie solaire dans les pays du Maghreb".

En 2006 le centre algérien de développement des énergies renouvelables a été chargé de coordonner les efforts des pays du Maghreb, la société européenne des technologies de l'hydrogène ayant, pour sa part, été chargée de coordonner les efforts des pays de la rive nord de la méditerranée.

L'équipe algérienne de recherche a conclu à la possibilité de lancer le projet par la création d'une centrale d'énergie solaire prés de la ville de Ghardaïa proche des champs pétrolifères de Hassi R'mel, le site offrant toutes les conditions requises.

Parmi ces conditions, l'on cite le potentiel solaire considérable du sud algérien, ses nappes phréatiques, en plus des gazoducs transméditerranéens qui pourront être utilisés pour la distribution de l'hydrogène ainsi que l'existence de techniques efficaces de production de l'hydrogène".

Selon une étude réalisée par l'Agence spatiale allemande, "l'Algérie recèle le plus important potentiel solaire dans tout le bassin méditerranéen, avec un volume annuel estimé à 169.000 tétra Wh en énergie thermique solaire, 14 tétra Wh en énergie solaire photovoltaïque et 35 tétra Wh en énergie éolienne".

Le volume du potentiel solaire de l'Algérie équivaut le décuple de celui de son potentiel en gaz naturel découvert jusqu'à l'heure à Hassi R'mel, indique la même étude. Par ailleurs, la revue met en avant "des opportunités indéniables pour les pays du nord et du sud de la Méditerranée permettant de dégager les contours d'une coopération fructueuse et efficace dont la cheville ouvrière n'est autre que l'exploration d'un potentiel extraordinaire d'énergie solaire notamment dans le grand Sahara, en faisant de l'hydrogène généré par l'énergie solaire un vecteur d'une énergie propre et sure couvrant les besoins énergétiques au double plan régional et mondial".

L'eau souterraine est un autre facteur essentiel à la production de l'hydrogène, d'autant plus que le nord du Sahara algérien renferme deux grandes nappes phréatiques. La première, l'une des plus importantes au monde, est située sur les frontières entre l'Algérie, la Tunisie et la Libye, et la seconde appelée "le grand erg oriental" est située au coeur du Sahara algérien.

Ces deux réservoirs hydriques sont à même de permettre une production à grande échelle de l'hydrogène, estime le document, rappelant que des études réalisées depuis 30 ans ont démontré que l'exploitation des couches hydriques du nord du Sahara algérien qui offrent l'avantage d'une relative profondeur de la croûte du réservoir, permettra d'alimenter les centrales d'hydrogène d'une manière efficiente et à moindre coût. L'Algérie dispose également d'un autre facteur non moins important, à savoir le réseau de gazoducs la reliant à l'Europe pouvant être mis à contribution pour le transport de l'hydrogène vers l'Europe à des coûts raisonnables, ajoute l'étude.

Ce réseau peut servir, selon les chercheurs, pour le transport de "l'hydrogène combiné" (gaz et hydrogène) via un même gazoduc, en tenant compte de certains aspects techniques. La revue a également mis en évidence un autre projet de transport et de distribution d'un composé de gaz naturel et d'hydrogène en cours de réalisation par un groupe européen, précisant que ce procédé vise à "définir les conditions techniques et socioéconomiques à même d'injecter de l'hydrogène dans le gaz naturel en utilisant les infrastructures existantes".

Parmi les pays concernés par le projet, la publication cite l'Algérie, la Libye, la France, l'Espagne, la Suisse, l'Italie, l'Allemagne, la Turquie et les Etats-Unis.

source : http://www.echoroukonline.com/fra/actualite/2426.html