Importation de blé français en 2008
L’Algérie débourse environ un milliard de dollars

L’Algérie devrait dépenser en 2008 environ un milliard de dollars pour ses importations de blé de la France, dont elle constitue le premier client. Ces importations seront constituées de 2,5 à 3 millions de tonnes de blé tendre et de 400 000 à 500 000 tonnes de blé dur pour un prix d’environ 300 dollars la tonne.

Ces indications fournies hier par M. Jean Philippe Eversing, représentant du syndicat français du commerce extérieur des céréales lors des rencontres franco-algériennes des céréales tenues à Alger, laissent apparaître une nette augmentation dans l’importation de blé tendre, alors que la quantité de blé dur reste quasiment stable. Au cours de la campagne 2007/2008, la France a livré à l’Algérie plus de 1,6 million de tonnes de blé, dont plus de 1,25 million de tonnes de blé tendre et 400 000 tonnes de blé dur. Pour la nouvelle campagne, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a déjà acheté entre juin et septembre sur le marché international près de 2 millions de tonnes de blé tendre dont 80 % d’origine française.

Au vu des chiffres de 2008, la facture d’importation de blé depuis la France devrait donc osciller entre 870 millions de dollars et 1,05 milliard de dollars, soit en progression par rapport à l’année dernière.

L’Algérie produit 1,5 million de tonnes de blé et en importe 6 millions dont 4 millions de blé tendre. Selon M. Eveling, la part du blé tendre français dans les importations algériennes n’était pas très importante l’année dernière, car «l’Algérie est un pays exigeant et nous ne pouvions satisfaire ses exigences».

To^^^^ois, pour cette année, le France espère fournir 50 % des besoins algériens en blé tendre. S’agissant du blé dur, M. Everling a expliqué que cela fait 5 ou 6 ans qu’il est exporté vers l’Algérie. Pour la France, qui produit plus de 2,2 millions de tonnes de ce blé, le marché algérien représente 50 % des exportations vers les pays tiers, a-t-il souligné, tout en précisant que pour la partie algérienne, les importations françaises de blé tendre ne représentent pas une part très importante. S’agissant du maïs, le conférencier a noté que l’Algérie importe plus de 8 millions de tonnes essentiellement des Etats-Unis et de l’Argentine.

La France, qui peut exporter 600 000 tonnes de maïs au Maghreb, espère en exporter vers l’Algérie, car la proximité des deux pays, la baisse des prix, la dépréciation de l’euro ainsi que la baisse du prix du fret permettent d’envisager cela. Cependant, le spectre de la récession économique et l’impact de la crise financière risquent de brouiller les cartes. Selon M. Everling, «nous risquons d’avoir une réduction des surfaces cultivées, une baisse du rendement et de la production». «Il n’y a pas de souci cette année, mais l’année prochaine une baisse de la production en France causera un problème de disponibilité des produits à l’exportation vers l’Algérie».

Pour réduire sa dépendance des importations, l’Algérie devrait investir davantage dans la céréaliculture et cela doit émaner, selon M. Everling, «des opérateurs algériens»et, dans ce cas, «l’interprofession française avec son expérience, son expertise et ses moyens suivra». Les chiffres fournis par l’expert français font ressortir une offre mondiale de blé supérieure à la demande avec des niveaux respectifs de 675 millions de tonnes et de 646 millions de tonnes. S. B.

source : http://www.jeune-independant.net