Issad Rebrab, P-DG de CevitalLa problématique du foncier est loin d’être réglée

“La problématique du foncier est loin d'être réglée”. Cette affirmation est du P-DG du groupe Cevital, M. Issad Rebrab, qui intervenait en marge du 7e symposium de MDI Business School autour du thème des pôles de compétitivité et de l'innovation. M. Rebrab réagissait ainsi à une communication autour des zones de développement industriel intégrées, en indiquant qu'il est aujourd'hui impératif de libérer les entreprises car l'entrepreneur risque ses fonds en investissant dans un créneau. Ainsi, C'est l'entrepreneur qui est le plus averti des réalités du terrain et de la rentabilité de l'investissement à consentir. Une façon pour le patron du groupe Cevital de faire comprendre aux pouvoirs publics que pour encourager l'acte d'entreprendre, l'entreprise et par là même les pôles de compétitivité, il ne s'agit nullement de définir des zones de développement industriel et d'y cantonner les entreprises. Pour M. Rebrab, l'Etat doit surtout jouer le rôle de facilitateur, et cela est dans l'intérêt général car l'Etat est de fait l'actionnaire le plus important dans toute entreprise privée via la fiscalité. Comment ? En facilitant l'accès au foncier. Dans ce contexte, le patron du groupe Cevital évoquera la spéculation qui mine déjà le foncier industriel. Il dira qu'il a eu à en découdre avec des prix faramineux de cession du foncier industriel, lesquels atteignent les 200 euros le mètre carré. Par ricochet, pour la réalisation d'un investissement sur une surface d'un hectare, il faudrait concéder la bagatelle de 2 millions d'euros rien que pour le foncier. Aussi, estimera-t-il, 40 % des fonds nécessaires pour la réalisation d'un projet d'investissement sont absorbés par le foncier. Ce qui n'est pas rien. Pour lui, il faudrait que les pouvoirs publics contribuent à la création de l'offre sur le foncier pour freiner la spéculation au lieu de la nourrir. M. Rebrab a également saisi l'occasion de sa participation au symposium du MDI pour présenter son projet de pôle industriel intégré et structuré autour d'un hub portuaire à Cap Djinet, "Cap 2015", en tant que pôle de compétitivité innovant. Il indiquera, dans ce contexte, que le groupe Cevital a réalisé un chiffre d'affaires, en 2007, de 1,6 milliard de dollars et réalisé, un taux de croissance annuelle de 50 % depuis 1999. Le groupe se structure en holding de 4 pôles d'activité, à savoir l'industrie, la construction, les services et l'agroalimentaire. Evoquant le pôle industrie, l'homme d'affaires indiquera que Cevital a créé MFG (Mediterranean Float Glass), une entreprise de production de verre plat qui arrive à couvrir 30 % des besoins nationaux et qui exporte 70 % de sa production depuis le 1er janvier dernier. D'ailleurs, MFG envoie chaque semaine un bateau à destination de l'Europe. Mais le projet industriel le plus important du groupe reste Cap 2015. D'un coût de 30 milliards de dollars, le projet prévoit le développement d'un nouveau port en eaux profondes et une zone industrielle de 5 000 ha. Le hub portuaire avec plus de 20 km de quais devrait être le plus important de la Méditerranée et parmi les dix premiers ports au monde. La zone industrielle comprendra un complexe pétrochimique, un complexe de production d'aluminium avec une capacité de production de 1,5 million de tonnes par an, un complexe sidérurgique intégré (10 millions de tonnes par an), un chantier naval, une unité de construction automobile (350 000 unités par an), une unité de fabrication de containers, une centrale électrique de 3 200 MWA, une station de dessalement d'eau de mer. Ce projet fera participer plus d'un millier de PME / PMI de transformation, de sous-traitance et de services et contribuera à la création de plus d'un million d'emplois. Aussi, les projections à l'export tablent sur 15 milliards USD d'exportations avant 2015 et 30 milliards USD avant 2025. Ce projet est tout ce qu'il y a de concret, dira M. Rebrab, Cevital ayant déjà des partenaires à l'image de Rio Tinto Alcan, pour ce qui est de l'aluminium. Les accords d'ingeneering seront signés avant la fin de l'année et il prévu donc de démarrer les travaux très prochainement. Le dossier est au niveau du gouvernement et il ne reste plus que l'accord de ce dernier. La balle est donc dans le camp des pouvoirs publics. Il faudra néanmoins vite trancher, car l'enjeu est majeur.

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