L’interminable feuilleton de la 3G en Algérie !




A chaque jour son rebondissement dans le feuilleton du lancement de la 3G en Algérie. Les épisodes se suivent et ne se ressemblent pas. Les annonces rassurantes laissent place aux cyniques mises en garde. La 3G sera certainement lancée un jour en Algérie. Mais quand ? Pour l’heure, personne ne le sait. Pis encore, les autorités algériennes sont d’ores et déjà intervenues pour calmer les ardeurs des internautes: la 3G ne va pas améliorer le débit internet en Algérie !

En effet, Moussa Benhamadi, le Ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication, a indiqué le 10 avril dernier, sur les ondes de la Chaîne I de la radio nationale, que l’excitation des internautes algériens n’est guère justifiée. Et pour cause : l’introduction de la 3G pourrait ne pas améliorer « la connexion internet à cause du faible taux de pénétration de la technologie de la fibre optique et du manque de sécurisation des équipements », a-t-il dit.

En réalité, pour améliorer le débit internet en Algérie, il faut beaucoup plus que la 3G. En effet, pour remédier à ce problème qui martyrise les Algériens, il est impératif de connecter l’Algérie au réseau régional et international, par trois câbles de fibres optiques. Ces câbles sont Annaba-Marseille, Alger-Palma et Oran-Valence. En cours de réalisation, ces nouveaux câbles sont « une étape décisive dans la réussite de l’introduction de la 3G et sa fiabilité à long terme ».

Et si c’était Algérie Télécom qui bloquait la situation ?

La messe est donc dite : la 3G n’est pas la solution miracle en Algérie. Il ne faut donc pas trop rêver et prendre encore, et toujours, son mal en patience. Cette nouvelle sortie médiatique de Moussa Benhamadi explique, on ne peut mieux, les lenteurs constatées dans le lancement de la 3G en Algérie.
Techniquement, notre pays n’est pas encore prêt. Il ne suffit donc plus de solutionner le problème Djezzy pour espérer l’arrivée de la 3G en Algérie. « La mise à niveau de nos réseaux de télécommunications et l’amélioration de la qualité de nos équipements nécessitent encore du temps », a reconnu à ce sujet Moussa Benhamadi.

En plus, les autorités algériennes ont peur pour l’avenir d’Algérie Télécom car rien n’indique que l’opérateur historique est prêt à se lancer dans une course à la concurrence avec les opérateurs qui commercialiseront cette nouvelle technologie. Algérie Télécom ne survivra pas « à cette nouvelle ère », a averti à ce propos Ali Kahlane, Président de l’Association Algérienne des Fournisseurs de Services Internet (AAFSI), d’après lequel l’introduction de la 3G mobile « signera la fin d’Algérie Télécom qui ne vit qu’avec ses lignes téléphoniques avec seulement 1.2 millions d’abonnés ADSL ».

« Le lancement de la 3G (avec un débit de 2 mégas au minimum) pourrait pousser les abonnés d’Algérie Télécom à la déserter. L’existence d’Algérie Télécom sera certainement menacée et nous serons le premier pays au monde qui verra la disparition de son opérateur historique dans le marché des télécoms », a-t-il encore prophétisé.

Est-ce un scénario réaliste ou s’agit-il juste d’une fantaisie ? Les coupures et pannes du réseau d’Algérie Télécom pourraient effectivement persuader les consommateurs, en colère, de lâcher les services de l’opérateur historique
qui en pâtira énormément.
Et ce scénario catastrophique, l’Etat algérien n’en veut pas.


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