Le drame s’est produit dans la matinée de jeudi
3 personnes électrocutées dont 1 pompier à la rue Hassiba



Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de cette tragédie qui a même emporté un pompier qui a trouvé la mort dans un geste héroïque pour tenter de sauver une vie humaine. Le DG de la Protection civile s’est déplacé sur les lieux du drame.

En ce jeudi 17 juillet, les Algérois n’ont jamais eu à l’esprit que les orages de l’été allaient leur coûter des vies humaines. Alors que ces précipitations devaient rafraîchir un tant soit peu la chaleur torride qui caractérise la capitale en cette période, voilà que les pluies subites de ce jeudi matin allaient inscrire dans leur lot morbide des pertes en vies humaines. Trois personnes sont ainsi décédées, électrocutées à l’avenue Hassiba-Ben-Bouali en plein centre d’Alger. Un élément de la Protection civile figure parmi les victimes. Il était âgé de 29 ans. Le directeur général de la Protection civile, M. Lahbiri, s’est déplacé sur les lieux, puis à
l’enterrement des victimes au cimetière El-Alia.

Selon des témoignages recueillis sur place, tout a commencé au moment où une personne sortant de la boucherie de cette ruelle qui mène vers la station de bus numéro deux de la place du 1er-Mai criait à qui voulait bien l’entendre. Il était 9h du matin. Le voisinage habitué aux vols et autres agressions que connaît ce quartier de la capitale ont cru qu’il s’agissait encore une fois d’un acte de criminalité. Mais ce n’était pas le cas, même si le résultat demeurait similaire au bout, car il y avait bel et bien mort d’homme. En effet, au fur et à mesure que les cris de détresse mélangés à de la douleur s’éternisaient, les voisins se rendaient compte que la situation était beaucoup plus grave et qu’il fallait par conséquent intervenir ou appeler les secours dans les plus brefs délais. En effet, à la vue de la première victime carbonisée, beaucoup de voisins étaient pris de panique. D’autres, des jeunes filles qui devaient, à cette heure-là de la matinée, rejoindre leurs lieux de travail n’ont pas pu franchir le seuil de la cage d’escalier. Il s’agissait dans les faits d’un cas d’électrocution inédit dans le quartier. “Nous avons eu à faire face à des cas d’évanouissement et d’angoisse”, nous a affirmé un médecin de l’hôpital Mustapha-Pacha.
Alors que la première victime encore en vie demandait de l’aide, une autre personne qui allait la secourir était à son tour électrifiée. Il s’agissait d’un élément de la Protection civile qui, en tentant de sauver une vie humaine, s’est retrouvé piégé par la puissance de la charge électrique, semble-t-il dépassant les 220 volts. Selon des indiscrétions, ce pompier serait le frère aîné de l’une des victimes.

“Tout s’est passé de façon rapide. En effet, alors qu’un personne a été électrocutée du fait qu’elle se trouvait du côté d’une boucherie qui jouxte le chantier du train électrique, non loin de la station du 1er-Mai, une deuxième personne venant la sauver est à son tour électrocutée. Une troisième personne a connu le même sort”, nous a déclaré un témoin de ce malheureux incident.

L’intervention rapide des agents de la Protection civile a permis de ramener le calme dans un quartier où les résidents ne savaient plus quoi faire dès lors que l’origine de l’électrocution était encore inconnue. Qui est responsable de la faille ? Le boucher ? Le chantier du train électrique ?
En tout cas, la présence des agents de la police a permis aux riverains de signaler des anomalies dans la pose de certains câbles électriques qui deviennent, pendant les courts orages d’été, de véritables conducteurs de la mort.

D’ailleurs, il aura fallu l’intervention de la Sonelgaz pour calmer les esprits. Le courant électrique a été alors coupé et une enquête a été ouverte pour connaître les origines de ce drame. Si les riverains ont mis en cause le manque de précautions de la part de la société chargée de la mise en œuvre de l’électrification de la voie ferrée, il n’en reste pas moins que la survenue de ce genre d’incidents dramatiques incite les pouvoirs publics à débattre des normes de sécurité qui prévalent dans les quartiers populaires, non seulement de la capitale, mais aussi de toutes les régions du pays.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=97007