Ces quatre convertis ont reçu des peines de prison avec sursis, pour avoir participé à une messe dans un lieu non prévu à cet effet, selon la loi algérienne.

Un tribunal correctionnel du sud-ouest de l'Algérie vient de condamner quatre Algériens à des peines allant de six à deux mois de prison avec sursis. Leur faute : la « pratique illégale d'un culte non musulman ». Les quatre hommes, qui se sont convertis au christianisme dans ce pays de 33 millions d'habitants, dont seulement une dizaine de milliers de chrétiens, n'ont pas exercé leur religion dans le cadre prévu par la loi.
Début mai, un groupe de six hommes avait été interpellé à Tiaret à la sortie du domicile d'un deux et accusés d'avoir participé à une messe dans ce lieu qui n'est pas prévu à cet effet, selon les forces de sécurité.
En effet, en Algérie, le culte chrétien (catholique et protestant) est autorisé, mais l'exercice de toutes les religions est strictement encadré. Selon la loi controversée de février 2006 réglementant le culte en Algérie, le lieu de culte et son servant doivent être agréés par le ministère des affaires religieuses. Cette loi a conduit à la fermeture de dizaine d'églises, mais aussi de quelques mosquées.
Les quatre condamnés ont reconnu s'être convertis au christianisme, mais nié devant le tribunal qu'ils participaient à une messe le jour de leur interpellation, le 9 mai.
Deux autres hommes appartenant au même groupe ont été relaxés, après avoir nié s'être convertis et affirmé qu'ils participaient simplement à un déjeuner. Leur avocate a annoncé son intention de faire appel du jugement en raison de la différence des peines infligés à ceux qui ont nié s'être convertis et les autres.

Offensive anti-chrétienne ?

Sous couvert de « lutte contre les sectes », les procès pour «délit de chrétienté» se multiplient dans l'Ouest algérien depuis le début de l'année. Comme les militants d'opposition de la dictature du parti unique, les néoconvertis sont contraints de vivre leur foi dans la clandestinité. Le ministre des Affaires religieuses suspecte ainsi les évangélistes de chercher à «constituer une minorité (de chrétiens) en vue d'immixtions étrangères» dans les affaires intérieures de l'Algérie.
Le 27 mai, le même tribunal avait reporté sa décision dans le procès d'une chrétienne convertie, jugée également pour exercice illégal d'un culte non musulman et demandé un «complément d'enquête». Le procureur avait requis trois ans de prison ferme à son encontre. Elle avait été interpellée début avril par des gendarmes sur la route reliant Tiaret et Oran, à l'ouest d'Alger, en possession d'une dizaine d'exemplaires de la bible.