Ils se sont vendus en quantité durant l’Aïd
Jouets dangereux : à qui incombe le contrôle ?


Tout au long du boulevard colonel Lotfi à Bab El-Oued, des étals de jouets tenus par des jeunes font la joie des enfants dont les parents n’hésitent pas à acheter ces gadgets proposés à des prix défiant toute concurrence. Dans les ruelles adjacentes, c’est dans une ambiance joyeuse que des enfants s’adonnent à des parties du gendarme et du voleur avec des jouets imitant toutes les armes. Ce phénomène ne concerne pas les seules grandes villes, puisque dans tous les marchés du pays, des vendeurs occasionnels profitent des fêtes de l’Aïd pour réaliser de gros bénéfices sans se soucier de la qualité des produits qu’ils écoulent. L’esprit mercantile semble l’emporter sur d’autres considérations comme les conséquences sur la santé des enfants. Fabriqués généralement en Chine, ces jouets sont réalisés avec des matériaux dangereux et ne respectent aucune norme de sécurité. Les usines chinoises produisent pourtant des jouets de bonne qualité lorsqu’il s’agit d’honorer des commandes émanant d’importateurs européens ou américains. Quant aux importateurs algériens, ils optent toujours pour des produits de bas de gamme. Pour parvenir à baisser les coûts de fabrication, les producteurs chinois utilisent des composants pas chers et de qualité douteuse. Ces composants moulés dans des plastics légers s’avèrent très dangereux pour les enfants qui les utilisent. “Chaque année, nous recevons des enfants ayant avalé des pièces de jouets ou intoxiqués par les peintures utilisées pour la fabrication d’objets destinés aux enfants”, affirme un résident en chirurgie pédiatrique. Pourtant, malgré leur dangerosité avérée, ces jouets sont vendus sur la voie publique et dans certains magasins. Les services de contrôle ont de tout temps avoué leur incapacité à intervenir pour sanctionner les vendeurs ne disposant pas de registre du commerce. La loi n’autorise les inspecteurs des Directions du contrôle des prix (DCP) à n’intervenir que dans les commerces légaux. L’Union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCCA) ne cesse de tirer la sonnette d’alarme et d’interpeller les pouvoirs publics. Les inspecteurs des DCP affirment remplir leur mission de service public en enquêtant auprès des commerçants détenteurs d’un registre du commerce. Ils refusent par contre d’intervenir auprès de ceux qui activent sur la voie publique sans aucun document, car estiment-ils, cette mission incombe aux services de sécurité.

Le problème réside dans le fait que des importateurs parviennent à introduire dans le pays des produits dangereux, avec de fausses déclarations douanières. Lorsque ces produits provoquent des problèmes de santé, les victimes ne peuvent demander réparation car, souvent, l’identité de l’importateur est inconnue.

source : http://www.liberte-algerie.com/edit....contr%F4le%20?