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Anti-piratage en Europe ou la protection de barons des medias au détriment des domaines légitimes


laliche

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C’est une critique qui touche un vrai problème technique, même s’il faut un peu la nuancer.

Les systèmes anti-piratage IPTV s’appuient sur des blocages d’adresses IP, de DNS ou de noms de domaine. Sauf qu’une seule adresse IP peut héberger des centaines, parfois des milliers de sites parfaitement légitimes, parce qu’elle passe par un hébergement mutualisé, un CDN, ou un reverse proxy. L’EUIPO admet que ces méthodes marchent bien contre le piratage, mais elle relève aussi des problèmes de portée et de mise en œuvre.

En 2026, ce souci a éclaté au grand jour : en Espagne, une campagne de blocage contre les retransmissions sportives a fini par rendre plus de 500 000 noms de domaine légitimes inaccessibles, selon l’OONI. Les fournisseurs d’accès européens, eux, dénoncent aussi ces « dégâts collatéraux » et réclament plus de responsabilité de la part des ayants droit.

Et ce n’est pas anodin : les sites légitimes bloqués par erreur ne touchent aucune indemnisation.

En général, il n’existe pas de mécanisme automatique pour dédommager un site légitime devenu inaccessible à cause d’un blocage anti-piratage.

En Espagne par exemple, les opérateurs peuvent bloquer les IP ou domaines suspectés de diffusion illégale. Les études européennes sur le blocage dynamique montrent que la loi encadre surtout la façon de bloquer et les quelques garanties… Mais rien sur un fonds d’indemnisation pour les victimes de « surblocage ».

En gros, le gros poisson avale le petit. Le rapport de force devient vite totalement déséquilibré : les grands ayants droit disposent de grosses ressources juridiques et financières pour lancer des blocages. Tout va très vite et peut se faire de façon préventive. A l’inverse, un site parfaitement légitime victime d’une erreur subit aussitôt une chute de trafic, des pertes de revenus, sa réputation s’effondre. Pour espérer être indemnisé, il doit ensuite remonter la chaîne, identifier le responsable, prouver la faute et le préjudice, lancer une procédure. Un vrai parcours du combattant.

Et c’est encore pire quand le blocage concerne une adresse IP partagée : là, un outil censé viser quelques services pirates finit par faire tomber totalement dans la nasse des acteurs qui n’ont strictement rien à voir avec le piratage.

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