25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes


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À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, TSA s’associe au Réseau Wassila/avife pour la publication d’une série de contributions sur le sujet.
Nous connaissons toutes et tous le 8 mars, journée internationale de la femme, mais peu connaissent le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. La problématique des violences exercées contre les femmes est pourtant bien connue de chacune et chacun, violence dans la sphère privée comme dans la sphère publique. La problématique est connue mais reste étrangement engluée dans le non‑dit, le silence ou le chuchotement. Untel bat sa femme ? Ah ! La pauvre ! Mais, nul n'intervient pour faire cesser les coups, « c’est sa femme », justifie‑ton !

Un père ou un frère bat‑-il sa fille ou sa sœur ? C’est qu'elle a commis l'interdit, c’est pour préserver l'honneur. « Ils l'éduquent, la petite effrontée ! » Un voyou siffle une jeune étudiante dans la rue ? Pourquoi s'habille‑t‑elle de la sorte ? « Elle n'a qu'à se couvrir, l'allumeuse ! »

Ces justifications de la violence, étayées sur une tradition patriarcale extrêmement ségrégationniste à l'endroit des femmes, donnent la mesure de la situation dans notre pays, mais aussi dans tous les pays du monde où le droit n’est pas égalitaire, où la culture de domination des femmes continue d'agir, parfois même lorsque les gouvernements sont dotés de lois égalitaires. La violence exercée contre les femmes est un fléau social. Nous devons le sortir de la sphère privée, le traiter sur la scène publique sous l'angle du Droit. Les survivantes de violences ont le droit à la protection, et l'État a le devoir de les protéger.

Mais pourquoi le 25 novembre ?

Trois sœurs, Patricia, Minerva et Teresa Mirabel, appelées souvent "les sœurs Mirabel", ont été assassinées le 25 novembre 1960 en République Dominicaine, sur ordre du dictateur Rafael Leonidas Trujillo. Cet ignoble assassinat suscita une grande émotion populaire et déclencha un large mouvement de contestation. Le 30 mai 1961, le dictateur fut exécuté dans une embuscade tendue par des membres de ses propres forces armées

En 1981, se tint à Bogota (Colombie) la première Rencontre féministe pour l’Amérique latine et les Caraïbes. De nombreuses femmes dénoncèrent les violences qu’elles avaient subies au sein de leur famille ou hors du cercle familial, ainsi que celles commises par l’État (tortures, viol des prisonnières politiques, etc.)

À l’issue de cette rencontre, il fut décidé de faire du 25 novembre la Journée de l’élimination de la violence à l’égard des femmes, commémorée ensuite dans de nombreux pays d’Amérique latine. Et 39 ans après l'assassinat des sœurs Mirabel, à l'Assemblée générale des Nations unies, lors de sa 54e session, le 19 octobre 1999, les représentants de la République Dominicaine et de 74 autres États membres présentèrent un projet de résolution visant à faire du 25 novembre la Journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Le 17 décembre suivant, ce texte deviendra la résolution 54/134 qui définit cette violence comme tout acte portant un préjudice physique, sexuel ou psychologique aux femmes, que ce soit dans la sphère privée ou publique. Cette résolution a été votée parce que la violence faite aux femmes est le fléau mondial le plus partagé, dans tous les pays, dans tous les groupes sociaux, culturels, économiques. Partout, la violence exercée contre les femmes est tolérée et partout des femmes meurent ou survivent, mutilées physiquement et psychologiquement, à leurs blessures. Les agresseurs sont majoritairement des proches : le mari, le père, le frère, etc.

Du 25 novembre, journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, au 10 décembre, journée mondiale des droits humains, s'organise un peu partout dans le monde la quinzaine d'activisme contre les violences faites aux femmes. Le fléau de la violence est tel qu'une quinzaine suffit à peine pour bousculer les consciences engourdies, faire entendre la voix de celles qui souffrent en silence et faire parler celles et ceux, qui, bien que témoins de cette souffrance, ne disent rien.

Le premier pas vers une société non violente est de dénoncer la violence. Partout. Sous toutes ses formes !

La violence nous concerne tous. Parlons‑en !

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