Visite d’Etat du président Bo^^^^^ika à Paris en 2009 - une ingérence française ?

Par lounes guemache le 08/07/2008 à 11:05

Depuis le Japon, où les deux hommes se trouvent pour le sommet du G8, Nicolas Sarkozy, a annoncé la venue d’Abdelaziz Bo^^^^^ika en visite d’Etat à Paris en 2009. Le président français n’a pas précisé la date cette visite, la deuxième qu’effectuerait M. Bo^^^^^ika en France, depuis celle de juin 2000 sous la présidence Chirac.

En temps normal, une telle annonce aurait été interprétée comme le signe d’un réchauffement des relations bilatérales, mais dans le contexte actuel, cette initiative est surprenante. M. Sarkozy ne peut en effet ignorer que 2009 est une année d’élection présidentielle en Algérie. Le scrutin aura lieu en avril si la date est maintenue. Et selon toute vraisemblance, M. Bo^^^^^ika sera candidat à sa propre succession. Une candidature qui interviendrait après une révision de la Constitution que le pouvoir en place s’apprête à lancer en dépit de l’hostilité de l’opposition et des réserves d’au moins une partie de la communauté internationale.

L’annonce de la visite du président Bo^^^^^ika à Paris pose un autre problème : celui de la date à laquelle elle serait programmée. A moins de parier sur une victoire certaine du président sortant au scrutin d’avril prochain – ce qui ne fait en réalité aucun doute s’il se présentait-, le déplacement en France de M. Bo^^^^^ika devrait logiquement intervenir au premier trimestre 2009. Or, est-il honnête de la part de Nicolas Sarkozy de recevoir le candidat Bo^^^^^ika à Paris en pleine campagne électorale algérienne ? Va-t-il réserver les mêmes honneurs aux autres candidats ? Tout le monde connaît en effet l’impact que pourrait avoir un tel déplacement sur le cours de événements. A Alger, il serait tout simplement interprété comme un « soutien inconditionnel » de Paris pour un troisième mandat du président Bo^^^^^ika. Une ingérence française qui ne dit pas son nom. Il reste six mois avant la fin 2008. Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas choisi d’inviter son homologue algérien cette année ?

On le sait: la démocratie dans les pays du Maghreb est un sujet qui passionne peu le nouveau président français. L’homme voulait à tout prix réussir son show du 13 juillet à Paris en réunissant tous les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’UPM. Il a fait des concessions à tout le monde sur tous les dossiers. Mais Nicolas Sarkozy oublie sans doute un détail d’importance : sans véritable démocratie dans les pays de la rive sud, son projet est déjà un échec.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/alger...ance-4134.html