Oubliez le silicium, voilà le graphène

Lundi 24 novembre 2008 à 14:00

Cliquer ici pour agrandir

La structure du graphène

Depuis l’invention du transistor, l’informatique doit son salut à un seul matériau : le silicium. Mais ces jours sont désormais comptés. Face aux limites physiques de finesses des transistors en silicium, les chercheurs explorent de nouvelles voies. Et notamment le graphène. À la clé : des mémoires non volatiles 5 fois plus denses, et 1000 fois plus rapides.

Une densité record
C’est en tout cas ce que promettent les chercheurs James Tour, Yubao Li et Alexander Sinitskii de l’université de Rice aux États-Unis. Ils ont inventé des cellules mémoires nanomécaniques, utilisant des feuilles de graphène. Chaque feuille ne mesure que 10 atomes d’épaisseur, soit environ 700 picomètres (10ˉ¹² m), ou encore 0,7 nm. Et chaque nanointerrupteur pourrait mesurer moins de 10 nm. Soit 5 fois plus fins que les plus petits transistors produits en masse aujourd’hui, et encore deux fois plus fins que ce qu’Intel produirait en 2011. En outre, ces cellules mémoires d’un nouveau type ne sont pas des transistors : elles ne nécessitent que deux entrées. Ce qui permet aussi d’augmenter facilement la densité des données, notamment en empilant plusieurs couches de cellules.

Doublée d’une rapidité et d’une résistance excellente

Mais ce n’est pas tout. En plus d’être très denses, ces cellules en graphène sont aussi très rapides, et très stables. Trop rapides en fait pour les instruments de mesure des chercheurs : la bascule entre l’état on (1) et l’état off (0) se fait en moins de 1 µs. C’est 1000 fois moins long que l’écriture d’une cellule de Flash NAND (environ 1 ms). Et on ne retrouve pas les problèmes de fiabilité des cellules Flash. Chaque cellule graphène peut encaisser 20 000 bascules sans montrer la moindre dégradation. Par ailleurs, les chercheurs prétendent que ces mémoires peuvent fonctionner entre - 75 °C et 200 °C. Cerise sur le gâteau, ces interrupteurs en graphène sont insensibles aux radiations cosmiques, ce qui en fait des candidats idéaux pour les utilisations spatiales.
Terminons enfin en précisant que la fabrication serait très facile. Bref, cette mémoire au graphène ressemble à s’y méprendre à la panacée. Reste à voir si ces avantages théoriques se concrétiseront.
Actualités relatives :


source : http://www.presence-pc.com/actualite...e-flash-32486/