Réda Hamiani, président du FCE : «les investissements directs étrangers n'ont pas apporté grand chose à l'Algérie» - INTERVIEW

Par ali idir le 01/09/2008 à 14:27

Le gouvernement a décidé de durcir les conditions d'investissements étrangers. Quelle est la réaction du FCE ?
Le conseil exécutif du FCE se réunira mercredi pour étudier les nouvelles mesures prises par le gouvernement concernant l'investissement et le foncier. On aurait souhaité avoir des informations précises sur les changements apportés sur ces deux dossiers. Mais on constate déjà la volonté des autorités de favoriser des partenariats entre des entreprises algériennes et étrangères, en décidant de réserver aux partenaires locaux la majorité du capital dans les projets lancés avec des étrangers.

Le gouvernement a montré une certaine brutalité dans l'annonce de la nouvelle politique d'investissement…
On découvre les vertus et les intérêts du patriotisme économique, mais il faut éviter un accès de dirigisme et un retour aux anciennes pratiques qui étaient en vigueur du temps de l'économie dirigée. Nous sommes dans l'attente de connaître dans le détail des modifications apportées aux lois sur l'investissement et l'accès au foncier. On veut savoir si ces mesures concernent tous les secteurs d'activités, ou seulement quelque uns. Dans l’avenir, nous souhaitons d'être consultés avant les prises de décisions pour que les patrons puissent donner leur avis.

Les changements apportés à la politique d'investissement vont-ils affecter l'image du pays à l'étranger et faire fuir les investisseurs?

Les investisseurs étrangers sont aujourd'hui inquiets par les changements économiques en cours dans notre pays. Il faudrait les rassurer, avec davantage de communication et d'explications. Il faut éviter les ruptures brutales pour ne pas donner aux étrangers l'image d'un pays impulsif qui remet en cause des politiques économiques affirmées, des acquis obtenus après de longues années d'efforts. L'Algérie a l'image d'un pays attractif pour investisseurs étrangers. Il faut sauvegarder cet acquis. Mais, il faut reconnaître aussi que les investissements directs étrangers n'ont pas apporté grand chose à l'Algérie en matière de développement. L'ouverture du marché aux étrangers a été opérée sans encadrement et c'est une bonne chose que le gouvernement décide aujourd’hui de resserrer les boulons, de faire un constat sur les IDE pour tirer les conclusions et, pour mieux en tirer profit, favoriser les investissements productifs au détriment du commerce.

source : http://www.toutsurlalgerie.com/alger...ents-4669.html